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Afrique

Burkina : les procès « point de départ d’une vraie réconciliation »

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Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré lors d'un sommet à Yamoussoukro le 29 juillet 2016.

Le président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, a estimé samedi que les nombreux procès attendus, dont les sensibles dossiers du putsch manqué de septembre 2015 et de l'assassinat du président Thomas Sankara, constitueraient "le point de départ d'une vraie réconciliation" nationale.

« Juger convenablement ces dossiers serait le point de départ d’une vraie réconciliation attendue par toute la communauté nationale », a assuré M. Kaboré dans un discours radiotélévisé prononcé à la veille de la célébration du 56e anniversaire de l’indépendance du Burkina Faso.

« La nécessité de vider tous les dossiers (judiciaires) pendants est devenue une exigence de crédibilité au regard des attentes du peuple burkinabè en matière de vérité et de justice », a-t-il précisé.

« Les procès annoncés par la justice militaire pour avant la fin de cette année augurent -nous l’espérons- du dénouement rapide de tous les autres dossiers en cours d’instruction et qui préoccupent l’opinion », a indiqué M. Kaboré.

La société burkinabè connaît une grave fracture depuis la chute du régime du président Blaise Compaoré, chassé fin octobre 2014 par la rue, après 27 ans au pouvoir.

Cette fracture s’est davantage accentuée avec le putsch manqué perpétré mi-septembre 2015 par le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l’ex-garde prétorienne de M. Compaoré.

Mandat d’arrêt contre Compaoré

Au total, 91 personnes ont été inculpées pour leur participation présumée à ce putsch. La justice militaire a annoncé jeudi le jugement de 43 personnes, majoritairement des ex-soldats du RSP, pour leur implication présumée dans un projet d’attaque de la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA) pour y libérer les putschistes.

La justice militaire, une juridiction d’exception, doit solder une longue série de dossiers, dont principalement ceux du putsch manqué de septembre 2015 et de l’assassinat du « père de la révolution » burkinabè, le capitaine Thomas Sankara, tué lors du coup d’Etat qui porta M. Compaoré au pouvoir en 1987.

M. Compaoré, exilé en Côte d’Ivoire depuis sa chute, fait l’objet d’un mandat d’arrêt.

M. Kaboré, un ancien baron du système Compaoré, avait fait dissidence peu avant la chute de celui-ci avant de se faire élire comme chef d’Etat en novembre 2015.

M. Kaboré a aussi invité ses compatriotes à respecter les lois du pays, alors que des violences politiques consécutives à la mise en place des conseils municipaux ont été observées cette semaine dans le pays.

« Je tiens à dénoncer et condamner les violences inutiles perpétrées ça et là. La défiance vis-à-vis de la loi ainsi que le manque de tolérance, toutes ces pratiques sont aux antipodes des exigences de la démocratie et seront désormais combattues comme telles et leurs auteurs punis conformément à la rigueur de la loi », a prévenu le chef de l’Etat.


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