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ELECTIONS D’OBAMA EN 2008 ET 2012 : Quelles leçons pour le Sénégal ? par Samba Soumaré

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ELECTIONS D’OBAMA EN 2008 ET 2012 : Quelles leçons pour le Sénégal ? par Samba Soumaré

 Barack Obama arrive et le Sénégal retient son souffle; pourtant, avant lui, d’autres Présidents des Etats-Unis comme Bill Clinton et plus récemment George W. Bush sont venus en visite officielle chez nous.

 Ce qui fait que la visite de Barack Obama n’est pas une  visite comme les autres, c’est qu’en plus d’être le Président de la première puissance économique du monde, Barack Hussein Obama est en tant qu’African American, ‘The Pride of Africa’ ou en français La Fierté de l’Afrique.

 L’Amérique ayant surpris le monde en 2008, Barack Obama n’ayant pas fini de rentrer dans l’histoire en se faisant réélire en 2012 avec un taux de chômage de plus de 7%, il serait utile de comprendre comment il a gagné les élections en 2008 et 2012 et voir quelles leçons la jeunesse sénégalaise et le Sénégal pourraient en tirer?

 Le 4 Novembre 2008,  les Etats-Unis d’Amérique avaient élu leur 44eme Président, et n’eût été le fait que ce Président élu, était un homme de couleur (Coloured Man), ou encore un ‘Black’ comme on l’appelle communément là-bas, ce ne serait là qu’un fait ordinaire et normal, comme dans tous les pays de traditions démocratiques.

  Il faut savoir qu’aux USA, il n’y a principalement que deux races:

 Les Blancs, ‘Whites’ et les non Blancs qui sont les Coloured People (Hommes de couleurs); le mot métisse n’est presque jamais employé, Barack Obama est donc tout simplement un Noir.

Elections Présidentielles de 2008

Un enseignement de l’élection pour la première fois en 2008 à la magistrature suprême d’un noir aux Etats Unis, est que c’était la victoire de l’Amérique, la victoire des valeurs, socles de la civilisation Américaine:

En effet, dans les fondements de la civilisation Américaine on trouve:

 Self reliance (Confiance en soi);

 Wealth (la croyance à l’importance de la richesse matérielle comme moyen indispensable pour accéder au bonheur);

 ‘Freedom’ (ou liberté, particulièrement la liberté d’expression et la liberté de religion).

 La confiance en soi: 

Croyant fortement en lui-même, à ses capacités personnelles à vaincre tout obstacle, à pouvoir toujours se tirer d’affaires et à faire toujours mieux, Barack,  Obama malgré les nombreux tumultes dans sa vie qui auraient pu terrasser de nombreuses personnes, toujours armé de cette valeur américaine de Self Reliance, Obama a pu persévérer jusqu’à aller à Harvard University, avoir une bonne profession et entrer en politique, où il a gravi les échelons, jusqu’à se présenter aux élections Présidentielles.

Rappelons qu’il est né à Hawaii de Père africain, d’une mère de race blanche divorcée alors que Barack est encore nouveau né, Il fut transporté en Indonésie à l’âge de six ans, retour à Hawaii à dix ans pour vivre sans sa mère et avec seulement sa grande mère maternelle, jusqu’à la fin de ses études de lycée).

Avant Barack Obama, Jessie Jackson s’était présenté lui aussi en 1988 aux élections Présidentielles mais malgré sa candidature très appréciable à l’époque, celle-ci souffrait d’une insuffisance:

Jessie Jackson s’était présenté comme un noir d’abord et en tant que candidat des noirs, appartenant au Parti Démocrate.

 Trop marqué par l’insistance sur sa spécificité ethnique, l’Amérique blanche majoritaire dont il avait besoin des voix pour être élu, l’a utilisé au sein du Parti Démocratique pour rassembler des suffrages, tout en sachant qu’il n’avait aucune chance de gagner les élections.

 Aussi bien lui, que Dukakis, dont les ancêtres n’étaient pas dans le Mayflower, ce bateau qui amena les premiers Immigrants vers les Amériques, furent  retirés en 1988 de la course à la Maison Blanche.

 

 Colonel Powel dont le Parti Républicain avait poussé une fois la candidature à la magistrature suprême, mesurant ses chances, avait lui, refusé de se présenter, déjouant ainsi les plans de son Parti et ne voulant pas être le dindon de la farce.

  Le Passage du Colonel à la Maison Blanche comme Secrétaire d’Etat et son remplacement à ce poste par Condolezza Rice ayant fini de démontrer qu’on pouvait être noir et être apte à assumer des fonctions d’état et surtout celles importantes de sécurité auxquelles les Américains tiennent tant et dans lesquelles Condolezza Rice était bien impliquée, les arguments d’incompétence d’Obama, ne pouvaient exister  que dans la tête de MC Caïn, le rival de Barack Obama en 2008 mais les Américains savaient déjà, que la compétence transcendait les races, ou du moins, que tout Américain pouvait être compétent.

 

 Etre Américain est avant tout un état d’esprit, avant d’être un problème de race.

 

 C’est ce qu’Obama avait compris en se présentant aux élections comme un Américain et en mettant en avant toutes les qualités qui identifient un Américain et en évitant de s’identifier à un groupe ethnique.

 

 A la Convention des démocrates, Barack Obama avait accepté sa désignation  comme le Candidat officiel de son Parti, le jour du 48eme anniversaire de l’appel de Martin Luther King Junior, sans prononcer un seul instant le  nom  de ce dernier.

 

 Nécessité de communication  oblige, son équipe avait jugé que le choix du jour en lui-même, était assez éloquent.

 

Obama est un Américain qui se trouve être noir et il appartient donc à l’Amérique toute entière;

 

La première chose que les Américains respectent en général, c’est la compétence.       La nationalité d’Obama ne faisant l’objet d’aucun doute, son haut degré de confiance en lui-même, l’ayant aidé à  prouver qu’il était compétent, il venait de passer le premier test d’éligibilité auprès de ses concitoyens, noirs, comme blancs, et était donc apte à demander leurs suffrages.

 

 

La croyance en la richesse matérielle comme clé du bonheur:

 

 Les Américains croient profondément en l’importance  de la richesse matérielle comme clé du bonheur; Certains pensent même que la richesse est un cadeau de Dieu pour ceux qu’il aime.

 

 Dés lors, la recherche perpétuelle de la richesse  et son accumulation en quantités suffisantes, deviennent un critère d’appréciation de la capacité d’un individu à sécuriser son bonheur et le bonheur des personnes dont il a la charge.

 

 En 2008, l’enlisement des Usa en Irak, la crise économique patente, la pauvreté criarde d’une catégorie sans cesse plus grande d’américains, le déclin du respect de l’Amérique et des Américains dans le monde, avaient donc fini de sonner le glas sur un Georges Bush, son Parti et sur McCain, que Barack Obama avait réussi à présenter comme le sosie de Bush.

 

 Le 4 Novembre 2008, les Américains se devaient de voter en masse pour la défense d’une Valeur  Américaine, condition de leur existence; Le Programme Obama donnant la priorité à l’économie, en votant Obama, le tombeur d’Hilary Clinton, ils votaient pour leur survie symbolisée par Barack H. Obama.

 

 De l’importance de la liberté:

 

 Les Etats-Unis se sont dotés d’une constitution qui est un contrat entre états, bien plus qu’un document visant  à défendre certaines valeurs théoriques que l’on voudrait parfois universelles et parmi ces valeurs, il y’a la liberté.

 

 L’américain est un homme fondamentalement libre et joyeux mais la politique du Républicain  Georges Bush en 2008, avait conduit les Américains à se faire volontairement violence, en restreignant leur propre liberté à l’intérieur des états de l’Union: A New York par exemple, on fouillait les bagages même dans les métros, les vols internationaux étaient devenus un casse tête dans tous les pays et les américains commençaient à douter d’eux-mêmes, alors que le pessimisme et le doute n’ont  jamais habité l’Amérique et les Américains.

 

 Les milliards engloutis en Irak avaient commencé à être ressentis comme fragilisant le pouvoir économique de l’Union: Les véhicules américains ne se vendaient  plus, des entreprises comme Circuit City et Fannie Mae, hier modèles de croissance, étaient en faillite, de plus en plus d’américains faute d’argent, restaient chez eux, alors qu’ils auraient souhaité être dehors.

 

 L’Amérique sur le plan organisationnel, commençait à expérimenter des restrictions de liberté dignes du régime Bolchevick, alors que la circulation était de plus en plus libre en Europe: C’était le monde à l’envers.   

 

 Ayant compris qu’il ne pouvait y avoir de liberté dans la pauvreté, le 4 Novembre 2008, l’Amérique a voté pour le candidat qui présentait plus de garantie  pour le retour de la liberté.

 

 Ce jour là, Il ne pouvait y avoir ‘d’effet Bradley’ car, le slogan, ‘COUNTRY FIRST’ (la patrie d’abord) de McCain, en lui-même, mettait l’accent sur des préoccupations belliqueuses, dépassées.

 

 McCain avait fait une campagne électorale horrible, il avait fait une mauvaise lecture de la société Américaine, il avait contribué par ses erreurs, à faire de Barack Obama, le Héro du 21eme siècle.

 

 Il ne pouvait y avoir ‘d’effet Bradley’ car, les Américains de moins de 40 ans, ne connaissent du ‘I have a dream speech’ que des films, ou des enregistrements sonores, pour dire que Blancs, ou Noirs, Ils n’ont pas vécu l’époque où la ségrégation raciale était instituée comme système légal.

 

 Avec le développement de la technologie, l’internet avait commencé depuis longtemps à aider davantage au rapprochement des populations jeunes qui ne pouvaient pas voter pour un ‘Homme du passé, à savoir, le candidat Républicain.   

 

 En 2008, l’Amérique n’avait que 221ans et en 221ans seulement, des valeurs ont fait des Etats-Unis d’Amérique,  la première puissance mondiale; Le 4 Novembre 2008, en élisant Barack Obama 44eme Président des Etats-Unis, l’Amérique a voté pour l’Amérique beaucoup plus que pour la personne; elle a voté  pour défendre ses valeurs et pour confirmer la justesse et la pertinence des valeurs, socles de sa civilisation.

 

 En 2008,  BARACK OBAMA était vu comme le symbole de l’Amérique et en 2012, n’ayant jamais cessé de consolider cet image, c’est tout naturellement que l’Amérique lui a renouvelé sa confiance; les victoires d’Obama de 2008 et 2012 ne sont donc que les victoires de l’Amérique, les victoires de la Culture.

 

 Barack Obama c’est l’Amérique moderne ou la nouvelle Amérique et cette nouvelle Amérique ne cesse de nous étonner; Héros du 21e siècle, l’histoire d’Obama devrait inspirer la jeunesse sénégalaise et le Sénégal.

 

Obama, l’Amérique et le Sénégal

 

Barack Obama a dit ‘Democratie on its own way and culture’ c’est à dire Démocratie selon sa propre voie et culture; est ce que c’est ce que nous sommes entrain de faire au Sénégal?

 

 Démocratie selon notre propre voie surement mais selon notre propre culture, jugez en vous-même…

 

Nos dirigeants ont-ils  compris qu’il n’ya pas de projet économique viable, durable ou pérenne, sans un socle culturel de base pour le guider et l’humaniser et sans une vision commune affirmée par l’ensemble des citoyens? la vision des citoyens étant commune, les hommes politiques naturellement, ne font de la politique que pour se réaliser en servant cet idéal et rien d’autre;

 

 Une fois cette philosophie partagée et comprise de tous, quand bien même des hommes politiques ou des citoyens voudraient assumer des fonctions d’état pour réaliser d’autres objectifs, qu’ils ne le pourraient car, il n’y aurait pas de place pour autre chose et le peuple serait là pour veiller au grain;

 

 Notre  gouvernement et les députés de notre nouvelle assemblée sont ils conscients que nos institutions et nos symboles, ne peuvent pas continuer à être pour paraphraser quelqu’un, »des superstructures et des symboles hérités de l’extérieur, que l’on veut nous imposer avec une conscience et une volonté totalement différentes  de celles de la majorité des sénégalais mais également, avec une conscience et une volonté totalement différentes de notre milieu d’accueil »; c’est là une question fondamentale qu’il faut régler au plus vite, si on veut faire de tous les Sénégalais, des Sénégalais concernés par le développement de leur pays.

 

 Si nous disposons d’un projet, d’un programme ou d’un modèle économique, où est le modèle social, le modèle culturel?

 

 Les valeurs telles que la confiance en soi (beugueu sa bopp), la prise de conscience de notre histoire, (kham sa boppeu),  le refus de l’esprit de limitation, le refus de l’esprit d’assistanat, le goût de l’effort et l’importance du travail, de l’éducation et de la démocratie, doivent être enseignées à notre jeunesse.  

 

 Des ‘Founding Values et des Founding Fathers’ dont les américains sont fiers, sont les secrets de leur Union dont ils se plaisent bien de faire annuellement l’état des lieux devant le congrès, à travers ‘Le State of the Union Adress’.

 

 L’avance de l’Amérique sur le reste du monde n’est pas pour s’étioler demain et au moment où on parle chez nous de réforme des institutions, il serait utile de bien étudier le cas des Etats-Unis d’Amérique seule nation au monde dont la constitution n’a presque jamais été modifiée.

 

 Avec toute la volonté d’une commission de réformes des institutions, avant de penser à réformer nos institutions, il faudrait d’abord créer la nation sénégalaise; pour l’instant, le Sénégal est beaucoup plus un territoire sur la carte du monde, qu’autre chose.

 

 En effet, un Sénégal, Bien commun qu’il faut faire fructifier et défendre vaille que vaille, n’est pas un sentiment partagé par la majorité des sénégalais; si cela était, comment comprendre que de ‘grandes réunions’, de grands symposiums et des Assises nationales se tiennent dans notre pays, sans clamer haut et fort le caractère indivisible du Sénégal? Est-ce un oubli, une frilosité?

 

 Les Américains font prêter serment tous les matins à leurs enfants dans les écoles ( ‘America, one Nation indivisible under God’), l’Amérique, une Nation Indivisible …).

 

 Après que le Président Macky Sall se soit prononcé sur l’aspect non négociable de l’indivisibilité du territoire, cette clause va-t-elle devenir constitutionnelle?  

 

 Rappelons le, encore, être Américain est beaucoup plus un état d’esprit qu’une nationalité et c’est l’homme qui en 2008 et 2012 s’est présenté comme le meilleur défenseur du ‘Americain Dream’ et de l’idéal américain, qui rend visite au Sénégal.

 

 Obama l’Américain, Obama la Fierté africaine et Obama le Héros du 21e siècle, 3 facettes que l’homme joue admirablement comme une symphonie sera notre hôte ce mercredi 26 juin 2013.

 

 Puisse son histoire et l’histoire de son pays inspirer notre jeunesse et notre pays.     

 

 Welcome Obama, I want to be like Obama

 

Voila les slogans que devrait scander notre jeunesse lors de la visite du Président américain.  

 

Samba SOUMARE

 

Consultant

 

Directeur de

 

Sasoura Communications & Consulting

 

 

 

     

 

      


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3 Commentaires

  1. Auteur

    Cotoyenne

    En Juin, 2013 (14:20 PM)
    Monsieur Soumare, je vous felicite pour cette contribution merveilleuse, reflechie et plein d'enseignement. Je usi ravie de voir qu'il des Senegalais qui aiment leur pays et reflechisses profondement a son evolution. Merci fort bien
  2. Auteur

    Boy Pikine

    En Juin, 2013 (22:56 PM)
    coucou revoilà samba soumare, celui qui change de direction comme il change de anango. Depuis le départ des Wade il avait cassé sa plume. GEUMOULO DARA,
    Auteur

    Delon

    En Juin, 2013 (10:49 AM)
    Bonjour!

    Une excellente contribution que chaque jeune sénégalais devrait lire et memoriser.

    Vous avez identifie les forces des usa ancrees sur les 03 valeurs citées. Ces valeurs sont universelles et sont les cles de developpement d une société civilisée. Nous devons les vivre pour developper le senegal et avec la reforme des institutions y apporter notre touche senegalaise et africaine.

    Content de te lire

    Alain Delon

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