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Economie

Forum de Davos: les inégalités de revenus et de richesses au centre des débats

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Forum de Davos: les inégalités de revenus et de richesses au centre des débats

La 47e édition du Forum économique mondial démarre ce mardi 17 janvier 2017. L'évènement réunit chaque année à Davos, petite station de ski des Alpes suisses, grands patrons, politiques, ONG et personnalités de la société civile. Cette année, l'évènement sera aux couleurs de la Chine, invitée d'honneur. Le président Xi Jinping doit prononcer le discours inaugural. Thème central : les inégalités.

Les 3 000 participants sont invités à plancher sur les moyens de construire un leadership réceptif, à l’écoute des peuples, responsable. Et s’il y a bien un sujet de préoccupation qui fait l’unanimité cette année à Davos, c’est l’accroissement des inégalités de revenus et de richesses, considéré par le Forum économique mondial comme le risque global majeur pour la prochaine décennie. L'accroissement des inégalités s’accélère et n’épargne plus les pays développés.

Une lucidité nouvelle dans les rangs à Davos

Un rapport publié lundi a en effet révélé que le revenu annuel médian dans les pays riches a reculé ces cinq dernières années de 2,4 %, soit 284 dollars de moins par habitant. Pour l’ONG Oxfam, habituée aux comparaisons choc et qui vient de révéler que huit milliardaires possèdent autant que les 3 milliards 600 millions de personnes les plus pauvres, les multinationales sont largement responsables de cette situation. « Il y a une certaine croissance au niveau mondial, elle est juste exclusive. Elle profite à une infime minorité », explique Manon Aubry, porte-parole d'Oxfam France.

« Derrière cela, c’est une certaine pression sur les salaires et des écarts de salaires de plus en plus importants, ajoute la militante. Deuxième élément : il y a cette course effrénée au profit que mènent les entreprises, qui fait que les fruits de la croissance sont redistribués inégalement. Les entreprises du CAC 40 ont reversé à leurs actionnaires plus de 55 milliards d’euros. C’est un chiffre record depuis 2007. Ensuite, il y a un système d’évasion fiscale qui leur permet de conserver un maximum de bénéfices. Le résultat : des inégalités qui s’accroissent et des moyens insuffisants, en tout cas pour lutter contre les inégalités. »

A Davos, les patrons de multinationales ne sont plus aussi indifférents à cette question des inégalités de revenus. C’est ce que révèle l’étude du cabinet Price Waterhouse Cooper publiée lundi soir dans la station. Cette étude, c’est un peu une Bible sur place. Elle donne un aperçu de la manière dont les grands patrons voient évoluer le climat des affaires à l’échelle mondiale dans les mois à venir. Et parmi leurs principales préoccupations, l’instabilité sociale en hausse constante depuis trois ans. Ils sont d’ailleurs 44 % à reconnaître que la mondialisation n’a pas contribué à réduire l’écart entre riches et pauvres.

Lutter contre les inégalités : l'intérêt des patrons ?

Selon Bernard Gainnier, patron France et Afrique francophone de Price Waterhouse Cooper, « les patrons constatent que si leurs entreprises se sont développées grâce à la mondialisation, elles n’ont pas fondamentalement résolu le fait qu’un petit nombre a eu accès à ces développements et en a profité. L’agenda de long terme de ces entreprises, la participation au monde, et je dirais l’attention au monde - pas simplement en tirer des bénéfices -, est un élément essentiel pour qu’elles ne soient pas critiquées, qu’elles ne soient pas remises en cause et qu’elles soient un acteur positif de l’économie. »

Cette volonté affichée par certains grands patrons de repenser le capitalisme pourrait devenir inévitable. C’est en tout le sentiment de Jean-Marc Borello, qui dirige le groupe SOS, première entreprise sociale européenne avec 1 milliard de chiffre d’affaires, 20 % de croissance et 15 000 salariés. Un patron atypique que le Forum a tenu à inviter. « L’essentiel du changement viendra du client, du consommateur et du citoyen. C’est pour plaire à son client que l’on fait évoluer l’entreprise », confie-t-il.

Et d'ajouter : « Le sujet, c’est de créer des dispositifs alternatifs, démontrer qu’ils sont capables de fonctionner, et en même temps, faire monter le niveau de connaissances chez les citoyens du monde, pour qu’ils exigent de leur banque de la transparence sur la manière dont les fonds sont utilisés, de leur fournisseur, de la transparence sur la manière dont ils traitent leurs salariés. Donc, faire de la pédagogie et espérer que cette pression finira par faire évoluer le système économique classique. » Garantir un certain niveau de croissance économique, et donc une stabilité sociale, c'est peut-être ce qui pourrait finalement convaincre les patrons de multinationales.



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