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LES PREUVES CHIFFREES DU « RENCHERISSEMENT CONTINU » DES COÛTS DU LOYER A DAKAR : Une « envolée » de 38,6% entre 2000 et 2009

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LES PREUVES CHIFFREES DU « RENCHERISSEMENT CONTINU » DES COÛTS DU LOYER A DAKAR : Une « envolée » de 38,6% entre 2000 et 2009

Le «renchérissement continu au cours des dernières années», tant décrié, des coûts du loyer, a été révélé par une étude monographique de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie axée sur les services immobiliers du logement à Dakar.

 

 

«Le loyer coûte excessivement cher»! Cette chansonnette, devenue familière aux habitants de la capitale tant qu’ils l'ont serinée et ressassée, a fait l’objet d’une étude par l'Agence nationale de la statistique et de la démographie. Dans son étude monographique sur les services immobiliers du logement à Dakar, publiée, hier, l'Ansd révèle que «les services de logement ont connu un enrichissement fort notable». Une «envolée du niveau du loyer», amorcée à partir du milieu des années 1990. 

 

Dakar, Guédiawaye et Pikine, les zones les plus chères de la capitale 

Pour exposer toute l'ampleur du mal, l'Ansd révèle dans son rapport que «la valeur moyenne mensuelle de la location dans la région de Dakar est ressortie en hausse de 115,8% entre 1994 et 1999, puis de 38,6% entre 2000 et 2009». Pis, le loyer dans le département de Dakar «est généralement deux fois plus élevé que partout ailleurs dans la région». Il est suivi du département de Guédiawaye puis de Pikine. Et les locataires, qui contractent avec les agences immobilières, «paient en moyenne plus cher que ceux qui l’ont obtenu par le biais de recherches personnelles». Mais, ces agences ne gèrent que 7% du parc locatif. 


34% des revenus des familles pauvres bouffés par la location 

Et ce «renchérissement continu du loyer noté au cours de ces dernières années», n'est cependant pas sans impact sur les bourses des ménages. En attestent les statistiques. «En moyenne, les ménages consacrent 24,9% de leurs revenus mensuels au paiement du loyer» lit-on dans le document. Mais, les familles les plus démunies en souffrent le plus, car elles «consacrent plus de 34% de leurs revenus au paiement du loyer», alors que les ménages les plus riches lui consacrent 22,4%. Aussi, avec cette «envolée du niveau du loyer», les locataires s'acquittent du paiement. «Plus du tiers des locataires, 37,6% déclarent éprouver souvent des problèmes pour payer le loyer» renseignent les conclusions de l'étude. Et certains locataires optent même pour des «habitats pouvant nuire à leur santé »pour payer moins.

 

50,9% chefs de ménage sont locataires, 42,4% propriétaires 

Aussi, l'étude monographique de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie a révélé que 50,9% des chefs de ménages dakarois sont locataires contre 42,4% de propriétaires. Et il y a deux années, c'est à dire en 2010, la zone urbaine de la région de Dakar comptait environ 286 000 logements, avec une prédominance de logements bas standing (51,6%), le moyen standing (41,0%) et le haut standing (7,4%). Si les propriétaires réclament en moyenne 48 000 F Cfa pour un studio, 63 000 F Cfa pour un appartement, 72 000 F Cfa pour une maison basse, 161 000 F Cfa pour une maison à étages et 17 000 F Cfa pour une chambre en dur dans le bas standing, «Il faut majorer en moyenne ces prix de 25% pour habiter dans le moyen standing et de près de 75% pour loger dans le haut standing». Et pour les coûts d'accès au loyer, si 45% des propriétaires demandent juste un mois de caution et de loyer, certains, bien que très minoritaires (moins de 0,5%), «exigent 4 mois de (caution et de loyer)». Et les jeunes accèdent bien moins à la propriété que les adultes.


Les populations veulent une baisse de 35%

Subissant cette forte envolée des niveaux du loyer, les locataires veulent une baisse de près du tiers des coûts du loyer. C'est ce que renseigne le rapport de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie. D'avis à «89% que le loyer a évolué à la hausse depuis 2000», ils «estiment que les loyers devraient être revus à la baisse de près de 35% pour promouvoir l’accès à un logement convenable pour toutes les franges de la population». Une opinion, qui est «uniformément partagée avec toutes les catégories de locataires quel que soit le standing des quartiers et le département" informe l'Ansd. Quant aux causes de cette hausse, selon les locataires, «les abus excessifs notés dans la fixation des prix sont imputables aux propriétaires des logements, aux courtiers et aux agences immobilières». Aussi, imputent-ils cette augmentation vertigineuse à la volonté d’amortissement de l’investissement immobilier, les coûts de construction élevés, et une demande supérieure à l’offre. Les propriétaires, pour se défendre, évoquent les coûts de construction et les coûts élevés des terrains alors que les promoteurs pointent du doigt le coût élevé du foncier. Le changement de vocation de la Sicap et de la Snhlm qui étaient spécialisées dans l’habitat social, a contribué aussi à la hausse des prix du loyer. 


Les propriétaires, maîtres renchérisseurs 

Les recherches de l'Ansd ont pu aussi montrer que «les mécanismes de fixation du loyer ne sont pas en phase avec ceux définis par la réglementation». L’état du logement et les prix pratiqués dans le quartier qui l’abrite, «sont les principaux facteurs pris en compte pour la détermination du loyer». Et les propriétaires profitent souvent des périodes de changement de locataires pour procéder à des hausses. 

Ainsi, pour sortir de cette situation de tension des coûts du loyer, l'Ansd a fait des recommandations. Elle suggère aux autorités publiques de désengorger la capitale, de mettre en place des lois plus appropriées et adaptées à la situation actuelle du secteur de l’immobilier, renforcer le dispositif de suivi des prix pratiqués et surtout encadrer le loyer pour soulager les ménages du «fardeau» que représentent les charges de location. Il faudra aussi redynamiser la politique d’habitat social de l’Etat par la promotion des logements sociaux et des immeubles d’habitation collectifs, et encourager l’implantation de sociétés de production de matériaux de construction afin de renforcer la concurrence dans ce secteur et, par ricochet, favoriser la baisse des coûts de construction.

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6 Commentaires

  1. Auteur

    Bounkhatab

    En Décembre, 2012 (19:58 PM)
    IL YA BEAUCOUP DE LOCATAIRES MAUVAIS PAYEURS ET CE SONT LES PLUS BRUYANTS.LES HUISSIERS ONT DE BEAUX JOURS DEVANT EUX. JE PENSE QUE AU SENEGAL, CE SONT LES PROPRIETAIRES QUI SONT LES DINDONS DE LA FARCE.
  2. Auteur

    Anama

    En Décembre, 2012 (21:10 PM)
    Combien il coute pour contruire une maison a dakar? voila un sous-titre qui meritait d'etre souligner aussi.
    • Auteur

      Congolese

      En Décembre, 2012 (09:45 AM)
      j'ai dépensé environ 22 millions pour construire ma maison à keur masar. c'est une maison r + 1 avec (4 chambres) 2 salons, 2 cuisines et 2 sales de bains. avec les autres frais (achat terrain, mutation, confection de plans), je suis à près de 30 millions.

      je loue cette maison à environ 150 000 cfa le mois. a ce prix sans interuption, il faudrait presque 17 ans pour récupérer le capital investi....
    Auteur

    Lyns

    En Décembre, 2012 (05:18 AM)
    Le Sénégal est le seul pays où il faut débourser 4 x le SMIC pour avoir un F 3 OU F 4 ! Si quelqu'un connaît un autre pays d'Afrique où la location de ce type de logement est autant supérieure à ce montant! Au bénin, Mali, Niger pour 80.000 fcfa on a une villa ou un appart moderne. Je reconnaîs quand même que depuis 2000, les Sénégalais se sont beaucoup enrichis et certains ont construit leur maisons. Ceux qui n'étazient pas venus au Sénégal derpuis 2003, sont agréablement surpris de voire autant d'immeubles, de villas de tout type sur toute l'étendue du territoire, mais particulièrement de Dakar à M'bour, Thiès ! On peut tout dire de Wade, mais en douze ans le Sénégal a changé plus qu'entre 1960 et 2000 .
    Auteur

    Sans Abris

    En Décembre, 2012 (08:19 AM)
    La majorité des gens qui construisent de nos jours le font par le biais de prêts immobiliers qu'ils sont ensuite obligés de rembourser tout le long de leur vie et une fois morts le seul héritage qu'ils peuvent léguer à leurs enfants est une continuation dans le remboursement de cette dette; ceci contribue à créer des SPTE (Sénégalais Pauvres Très Endettés). Nous sommes dans un pays où il vaut mieux être vieux que jeune...Oooooh jeunesse de mon pays, je te plains  :cry:  :cry:  :cry: 
    Auteur

    Xamnoppi

    En Décembre, 2012 (13:56 PM)
    Est cher ce qu on achete or un coût n est pas qqe chose qu on achete, il contribue a la determination du coût d achat/vente. Il faut deonc parler de rencherissement du loyer.

    Article interessa
    Auteur

    Pepe

    En Décembre, 2012 (17:32 PM)
    Mais il faut aussi parler du cout elever des constructions. Comme l'a dit sans abris, beaucoup prennent des prets. Si tu peuc pas te payee ce loyer, alors cherche ailleurs.

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