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Tabaski et nettoiement : Le coup de gueule de Madany Sy

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Tabaski et nettoiement : Le coup de gueule de Madany Sy

En cette veille de Tabaski, les agents de l’Unité de coordination et de gestion des déchets solides (UCG) sont à pied d’œuvre pour rendre Dakar propre avant, pendant et après la fête.

« Comme chaque année, l’UCG a mis en place un dispositif qui s’appelle Apa (avant, pendant et après). Vous avez constaté que, depuis presque un mois, nous avons renforcé les équipes de collecte et de balayage au niveau de certains quartiers. On a aussi mis en place une nouvelle équipe qui s’appelle l’UVS (l’Unité de veille et de sensibilisation) qui sillonne les quartiers et les départements pour sensibiliser les vendeurs de moutons, les marchands tabliers, les marchands ambulants, sans compter certains charretiers qui sont à l’origine de dépôts sauvages qui ne font que dégrader le cadre de vie.

Donc, on a renforcé la sensibilisation pour leur faire savoir que les travailleurs de l’Ucg, en rapport avec les concessionnaires, vont travailler le jour de la Tabaski et le lendemain. Cet avertissement a pour but de prévenir tout débordement. Il existe aussi un deuxième dispositif mis en place, il s’agit du ramassage mécanique par les gros-porteurs. 

Madany Sy rappelle qu’il y a un arrêté préfectoral qui interdit la collecte d’ordures par les charrettes. ‘’Mais ce qu’on a constaté ici au Sénégal, se désole-t-il, c’est une indiscipline notoire, caractérisée, voire une absence d’autorité. Hier, le chef de l’Etat, quand il lançait la campagne nationale de la propreté, il a beaucoup insisté sur le changement de comportement à tous les niveaux ».

Pour le Secrétaire général du syndicat du nettoiement, le problème de la salubrité doit être un problème national. « Il doit y avoir une conscience citoyenne pour nous permettre d’avoir des villes propres, pour nous permettre d’avoir un cadre de vie sain. Les travailleurs de l’UCG, à eux seuls, ne peuvent pas nettoyer. Il faut juste savoir que c’est la population elle-même qui crée ces ordures ; donc c’est à elle de nous accompagner pour maintenir la capitale propre. Aujourd’hui quelle que soit la volonté affichée de l’UCG, quelle que soit la volonté affichée de l’Etat, s’il n’y a pas un changement de comportement responsable, le travail sera toujours vouer à l’échec », prévient-il.

Madany Sy pense qu’il faut des sanctions, voire une répression pour ceux qui sont là que pour dégrader le cadre de vie, notamment au niveau des marchés. « Depuis presque 20 ans, on ne fait que se répéter. Nous ramassons plus de 2 400 tonnes d’ordures et qui dit Tabaski dit surproduction d’ordures ; qui dit Tabaski dit occupation anarchique de la voie publique. Regardez les marchés, aujourd’hui, ils sont envahis par les marchands tabliers, par les commerçants, je pense qu’il faut de la sensibilisation permanente pour nous permettre d’avoir des voies d’accès. A noter qu’il n’y a pas eu de suivi sur le désencombrement qu’il y a eu avec des déguerpissements, ces espaces sont aujourd’hui occupés par les vendeurs de moutons donc forcément c’est du boulot qui nous attend. L’année dernière, nous avions réussi car il n’y avait pas eu de débordement. Cette année, encore une fois, c’est le même système qui sera mis en place pour qu’au lendemain de la fête Dakar puisse monter un visage radieux et que tout le monde vaque à ses occupations. 

Le syndicaliste annonce 950 volontaires pour la réussite de la mission, sans compter les agents permanents. En plus de Dakar, il y a les capitales régionales. Si l’on en croit cet interlocuteur, UCG a mis en place 7 pôles qui coordonnent les activités de collecte, de ramassage, de balayage et de mécanisation puisque, car dans ces endroits, il n’y a pas un système comme celui de Dakar.

Confrontés à des difficultés le plus souvent, notamment au lendemain de la fête de Tabaski, l’Ucg interpelle l’Etat pour la prise des mesures idoines pour une belle image de Dakar.

« Hier, la décision forte a été le fait d’accompagner des agents par mille Asp et d’une centaine de policiers, c’est une mesure salutaire. Souvent, nous sommes l’objet d’agression physique et verbale surtout par rapport aux charretiers. Même avec le désencombrement, les gens s’opposent. Donc forcément, il faut la police ou bien la gendarmerie de l’environnement pour vraiment faire de la répression. 

Je pense qu’à ce niveau-là, il faut seulement sévir mais si on est là à faire du « masla », les gens ne sauront jamais nous prendre au sérieux, car ils vont se dire qu’ils le font pour quelques jours et c’est fini ; et pour éviter cela, c’est le suivi qui nous permettra de réussir la mission.

Par ailleurs, Madany Sy préconise une grande synergie d’action. « Les autorités doivent nous appuyer, tout le monde sait que le nettoiement est une compétence transférée aux collectivités locales. Aujourd’hui, aucune commune n’est en mesure d’assurer le ramassage des ordures puisque nos communes sont dépourvues de moyen. Il nous faut une conscience citoyenne pour qu’on en arrive au niveau des autres pays. Ça me fait mal quand on prend l’exemple de certains pays limitrophes tout en sachant que ces pays-là sont venus apprendre chez nous ».

Pour Madany, la voie est unique, il faut sanctionner.  « Tant que cette indiscipline notoire caractérisée est utilisée, tant qu’il n’y aura pas de répression, on a beau travailler mais on ne fera absolument rien. Nous avons besoin de l’accompagnement de l’Etat mais aussi des collectivités locales et de la population. Nous osons espérer que le dispositif qui a été mis en place aura un maillage national, que ce soit à Dakar, que ce soit dans les capitales régionales pour qu’après la fête, le travail puisse continuer car notre travail, c’est au quotidien ».

Au lieu de jeter les ordures dans la rue, Madany voudrait bien que la population ait la patience d’attendre le passage des véhicules. ‘’L’Ucg lance un appel aux populations pour qu’elles gardent les déchets chez elles jusqu’à ce que les véhicules de ramassage passent et surtout qu’elles arrêtent de donner les ordures aux charretiers qui sont les principaux responsables des dépôts d’ordures sauvages’’.

 



3 Commentaires

  1. Auteur

    Ptjmkdr

    En Août, 2019 (14:47 PM)
    Faut arrêter avec ces histoires d indiscipline.

    Combien de poubelles uny a t il au Sénégal dans les rues.? Faut sur k état et les collectivités mettent d abord beaucoup de moyens et appliquent la loi avant de parler de discipline.

    Allez voir dans certains ministères comment la crasse est présente

  2. Auteur

    En Août, 2019 (17:48 PM)
    La principale raison c'est l'indiscipline caractérisée des gens et pour régler cela il faut sanctionner au maximum il faut toute la force de l'État pour REPRIMER.

    Il faut interdire complètement les charrettes dans les villes c'est tout
    Auteur

    Careca

    En Août, 2019 (23:53 PM)
    Certains sénégalais sont malheureusement très indisciplinés .La sensibilisation seulement ne suffit pas il faudra des sanctions financières ou même pénales contre ceux qui déversent les ordures n'importe où.L'etat aussi doit donner plus de moyens à l'UCG pour lui permettre d'effectuer correctement son travail sans cela toute politique concernant les ordures et déchets ménagers sera vouée à l'échec .

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